Lanaudière

C’est au Musée d’art de Joliette que le comité logement de Lanaudière nous a accueillies pour l’atelier de médiation. En entrant, une exposition-hommage d’art autochtone nous rappelle la tragique histoire de Joyce Echaquan. Un rappel qui ancre notre activité dans la conscience des innombrables niveaux d’oppression et de privilège qui s’arriment à l’enjeu du logement. Dans la région, le taux d’inoccupation est de 0%. Zéro. Ça veut dire que personne ne peut emménager dans un logement, à moins que quelqu’un ne déménage. Plus de rareté que ça, c’est impossible, alors les propriétaires en profitent pour gonfler les loyers, exiger des cautions, refuser les familles… et faire des rénovictions, bien sûr!

Les locataires que nous rencontrons nous en apprennent davantage sur les matériaux inadéquats qui sont souvent utilisés pour construire des appartements, avec comme résultant un manque d’isolation thermique et sonore. Il est aussi question de bon voisinage, ainsi que de démarche auprès des instances institutionnelles pour empêcher une éviction. Au fil des témoignages, on en retient que les gens veulent de la tranquilité, de l’intimité, du silence dans leur chez-soi. La sainte paix, quoi! Ça semble difficile à trouver. Par ailleurs, la menace du déménagement est pesante, qu’il s’agisse d’évictions illégales, de hausses abusives, d’insalubrité, ou encore de communautés toxiques.

Nous choisissons donc d’explorer ce fameux et menaçant camion de déménagement. Avec notre fidèle Bête féroce de l’Espoir, notre bien-aimée van de tournée, nous tentons d’orienter l’improvisation autour de l’élément « camion »: comment créer la bulle d’intimité, et comment transposer les violations de cette intimité, dans l’environnement camion? On pousse un peu plus loin les explorations rythmiques du jam percussif, en utilisant aussi le véhicule comme instrument. La performance improvisée a lieu à Saint-Calixte, devant un complexe immobilier qui voit 40 de ses ménages porter plainte pour une hausse abusive qui est pourtant légale! On aborde donc la question de la mobilisation collective pour faire changer les lois injustes, et la figure de l’État-cowboy, avec son chapeau cheapette et ses discours de mononc’, émerge dans notre univers. Ce qu’on retient très fort de cette improvisation, c’est les craintes et les doutes qui viennent avec cette mobilisation, telle que nous l’ont décrite les membres de cette collectivité. Leurs impressions et leurs commentaires ont grandement enrichi la proposition initiale. Merci au comité Action-Logement de Lanaudière pour ces rencontres percutantes qui on marqué au fer rouge l’écriture de la pièce.

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